Le bon sens finirait-il par l'emporter ? En effet, ça commence à gronder même dans les rangs de la majorité ump, au sujet de la réforme sur la taxe professionnelle.
Alain Juppé et, plus étonnant encore, Edouard Balladur, avaient déjà fait entendre leur voix dissonnante. Or, voici un troisième ex-Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, fustige une mesure «ni claire ni juste». Et il n'est pas seul : 23 autres sénateurs UMP à ses côtés annoncent qu'ils «ne voteront pas en l'état» cette réforme. Ca a dû gronder ferme du côté de chez eux, de la part des Maires et Présidents de Conseils Généraux et Régionaux !! ^^
Ces "nouveaux rebelles" expliquent notamment que le volet territorial n'a pas été abouti et évoquent l'inquiétude des élus locaux. Ils reprochent aussi, en substance, au gouvernement de vouloir faire passer deux réformes en même temps, à savoir celle de la taxe professionnelle et celle des collectivités territoriales, alors que le bon ordre des choses aurait été de fixer les règles de la seconde, avant de s'attaquer à la première.
La réforme devant se traduire par des allègements d'impôts de 11,7 milliards d'euros pour les entreprises dès 2010 et par la modification du financement des collectivités, pour lesquelles la taxe professionnelle est une ressource essentielle, il parait en effet logique de trouver les alternatives quant au remplacement de la taxe pro avant toute chose, à commencer par la réforme fiscale !!! En effet, il y a déjà la taxe d'habitation, qui est un impôt très injuste, car il ne tient pas compte des revenus de celles et ceux qui s'en acquittent, ce qui met à mal le principe de justice et d'égalité. Mais en plus, ces derniers vont payer la suppression de la TP, soit directement (avec la non moins injuste taxe carbone !), soit à travers le creusement des déficits et de la dette publique !!!!
Cela va accroître également l'étranglement financier des collectivités, qui n'auront par conséquent plus intérêt à accueillir des entreprises sur leur sol. Il faut savoir qu'aujourd'hui, leurs recettes proviennent à 49 % des entreprises et à 51 % des ménages. Or, avec cette réforme, elles dépendront demain davantage des seconds et beaucoup moins des premiers, surtout en cas d'arrêt ou de dégressivité de la compensation de l'Etat !
Ce gouvernement veut jouer un contre-la-montre effréné, au détriment, une fois de plus, de l'intérêt général, de l'efficacité et....du bon sens !! Attention toutefois au malaise lipothymique ! ^^